Des professionnels de la sécurité et des citoyens à la recherche de solutions pour améliorer leurs relations

table-ronde lors de la conférence Respect Mutuel
Un agent de gardiennage qui demande à un visiteur d'une entreprise sa carte d'identité. Un steward de football qui veut fouiller un supporter. ...

Un gardien de la paix qui fait la circulation devant une école ... Les citoyens et les professionnels de la sécurité se côtoient au quotidien. Le citoyen ne sait pas toujours clairement ce qui est possible et ce qui est autorisé durant ces interventions. Quant aux professionnels de la sécurité, ils ne sont pas toujours conscients de l'impact de leur action. Lors d'une conférence organisée dans le cadre du projet ‘Respect mutuel’, des professionnels de la sécurité et des citoyens ont eu l'occasion de débattre au sujet des ce thématiques et d'échanger leurs expériences.  Leurs discussions ont débouché sur quelques recommandations concrètes destinées à améliorer la relation entre les citoyens et les acteurs de la sécurité.

Une assemblée hétéroclite

C'est une assemblée hétéroclite qui s'est présentée à l'Atomium : les uniformes mauves, bleus, rouges et orange des gardiens de la paix, policiers, pompiers, stewards de football et agents de sécurité n'ont pas manqué d'attirer l'attention. Et parmi eux, de simples citoyens venus des 4 coins du pays, des étudiants, des travailleurs et des retraités.  Ensemble, ils ont entamé le dialogue et envisagé des solutions dans le but d'améliorer la relation entre les citoyens et les professionnels de la sécurité.

Cette relation est en effet parfois tendue. C'est ainsi que la campagne Respect mutuel a vu le jour l'an dernier, en réaction à toute une série d'incidents. Au travers de cette campagne, le SPF Intérieur s'est engagé, avec la police, à restaurer cette confiance en misant sur un message positif, qui vise à créer du lien et est axé sur la connaissance mutuelle et le dialogue ouvert.  “Le respect mutuel devrait être une évidence. Il s'avère malheureusement que ce n'est pas toujours le cas. Citons tout récemment encore l'incident regrettable survenu à Charleroi, où un ambulancier a été attaqué au couteau. Ce genre d'événements me convainquent encore plus de la nécessité de la campagne ‘Respect mutuel’. Afin de renforcer la confiance, un dialogue positif est indispensable. L'ultime message est : mieux des personnes se connaissent, plus elles se respectent les unes les autres”, affirme la ministre Verlinden.

Dialogue

A l'Atomium, ce dialogue a été mené à grande échelle.  En présence de plusieurs acteurs clés du paysage belge de la sécurité : outre la ministre de l'Intérieur, Annelies Verlinden, l'on comptait également parmi les participants Jurgen De Landsheer (Chef de corps de la zone de police Midi), Kathleen Stinckens (Comité P), Thierry Gillis (AIG), le colonel Pierre Menu (services d'incendie), Delphine Beatse et Hendrik Vanderkimpen (sécurité privée). Les professionnels de la sécurité et les citoyens ont entamé un débat et partagé leurs expériences sur des thématiques diverses. Comment améliorer l'image négative des professionnels de la sécurité dans les médias sociaux ?  Comment rendre la procédure de plainte plus transparente et plus simple pour le citoyen ? Quelles actions les autorités peuvent-elles entreprendre pour favoriser le rapprochement entre les citoyens et les métiers de la sécurité ? Il est ressorti des discussions que quasi tous les acteurs de la sécurité sont confrontés à des citoyens qui filment leurs interventions pour ensuite les publier sur les réseaux sociaux. Ils ne considèrent toutefois pas d'emblée ces agissements comme négatifs, à condition que les citoyens filment avec les bonnes intentions. Quand ils effectuent leur travail correctement, les acteurs de la sécurité se sentent fiers que ce travail soit filmé. Cela étant, le fait que des citoyens filment leurs actions met parfois aussi une pression sur les professionnels de la sécurité, ce qui comporte le risque que l'intervention tourne mal.

Par ailleurs, les préjugés restent un problème majeur. Les professionnels de la sécurité se sentent parfois mal compris en raison de malentendus qui règnent au sein de la société au sujet de leurs tâches et responsabilités. Quant aux jeunes, ils trouvent regrettable d'être considérés par les professionnels de la sécurité comme une source potentielle de problèmes.

Recommandations concrètes

Les participants ont également formulé quelques recommandations concrètes afin d'améliorer le lien entre la population et les acteurs de la sécurité. Parmi les demandes souvent formulées, citons la mobilisation accrue de la police de proximité, avec des patrouilles de police qui se rendent à pied ou à vélo dans les quartiers et peuvent être approchées facilement par les citoyens. Les participants ont également insisté sur le besoin d'une collaboration accrue entre les différents métiers de la sécurité. Une possibilité suggérée à cet égard a été de constituer une plateforme où tous les métiers de la sécurité peuvent échanger des informations et des bonnes pratiques. Il importe également de miser sur des contacts faciles à mettre en place : des agents de police qui viennent parler dans les écoles, des pompiers qui organisent des démonstrations dans des associations ... Plus le citoyen et les acteurs de la sécurité entrent en contact dans des contextes positifs, mieux ils apprendront à se connaître et plus la confiance sera renforcée.

Les participants à la conférence ont également conclu que l'impact positif des images dans les médias sociaux ne peut être sous-estimé. Les images de tentatives de sauvetage réussies par les services d'incendie peuvent être mises en ligne. Les vidéos ludiques d'agents de police sur TikTok peuvent créer un lien avec les jeunes. Il convient aussi de mieux informer à la fois le citoyen et les professionnels de la sécurité au sujet du cadre légal de la prise d'images lors d'interventions. Enfin, il importe de faire mieux connaître les procédures de plainte et de les rendre plus transparentes. Il faut que le citoyen sache clairement à qui adresser sa plainte et quel suivi sera assuré. En outre, les félicitations et compliments devraient être encouragés.

Les différents participants ont jugé particulièrement efficaces les débats menés à l'occasion de cette conférence. Les jeunes étaient contents de pouvoir apprendre à connaître les métiers de la sécurité d'une autre manière et d'avoir une véritable occasion de dialoguer avec ces acteurs. Les professionnels de la sécurité ont trouvé enrichissant d'aborder ces thématiques essentielles avec les citoyens et les autres métiers de la sécurité avec lesquels ils n'entrent autrement que peu, voire pas du tout en contact. 

Et quoi maintenant?

Ces recommandations sont actuellement recueillies et analysées par la DGSP. Le dialogue sera également mené au niveau local, plus tard dans l'année. L'objectif est d'impliquer un maximum de citoyens et d'acteurs de la sécurité dans ce débat et d'améliorer ainsi le lien en partant de la base.

Par ailleurs, la DG Sécurité et Prévention met actuellement en place une campagne d'information. Cette campagne vise à mieux faire connaître les droits et devoirs des citoyens et professionnels de la sécurité dans le cadre d'interventions. Afin de garantir des interactions optimales entre les professionnels de la sécurité et les citoyens, il importe en effet d'informer et de sensibiliser ces derniers au sujet de ce qui est autorisé et ce qui ne l'est pas lors d'interventions.

Photo de groupe avec des jeunes et des policiers

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