Qu’est-ce que la violence entre partenaires ?

Ce type de violence naît lorsque les rapports sont déséquilibrés au sein du couple. Dans ces situations, l’un des partenaires souhaite dominer ou contrôler l’autre, la relation devient inégalitaire et la peur s’installe.

Les violences entre partenaires consistent souvent un ensemble de faits qui, pris isolément, peuvent paraitre anodins (paroles dénigrantes, insultes, interdictions, menaces verbales, etc.) mais qui se reproduisent dans le temps et se superposent les uns sur les autres. Il peut également s’agir d’actes plus graves comme des coups, des gifles, etc.

Bien souvent, l’auteur des violences n’assume pas son comportement et tente de le justifier par des causes externes ou en rejetant la faute sur le comportement de son/sa partenaire.

Définition

La violence entre partenaires a été définie comme suit dans le cadre du Plan d’Action National belge 2015-2019 contre toutes les formes de violences basées sur le genre :  

  • La violence dans les relations intimes sont un ensemble de comportements, actes, attitudes de l’un des partenaires ou ex-partenaires qui visent à contrôler ou dominer l’autre. Elles comprennent les agressions, les menaces ou les contraintes verbales, physiques, sexuelles, économiques  répétées ou amenées à se répéter portant atteinte à l’intégrité de l’autre et même à son intégration socio-professionnelle.

Pas une simple dispute

La plupart des couples ou des familles connaissent occasionnellement des disputes. En effet, il arrive de se fâcher sans pour autant qu'il n'en découle de conséquences négatives. La violence entre partenaires n’est pas liée à un désaccord, c’est un moyen de briser l'autre, de l’effrayer, de le soumettre.

Lorsque la violence s’exerce, le respect de l'autre et l'égalité disparaissent. L'intention est une prise de pouvoir sur l'autre, peu importe ce qui déclenchera le conflit.

Cette intention est camouflée, dissimulée. Ce n'est pas une perte de contrôle, bien au contraire. Ces stratégies de prise de pouvoir sont organisées, récurrentes, cycliques et s'inscrivent dans la durée.

Une violence aux multiples visages

La violence entre partenaires peut avoir une ou plusieurs formes, qui peuvent se superposer les unes aux autres. L’utilisation et le passage de l’une à l’autre forme de violence permet à l’agresseur d’adapter ses stratégies de contrôle selon les réactions de son/sa partenaire.

Il peut s’agir de violence prenant les formes suivantes :

La violence entre partenaires est basée sur une relation de domination. Les victimes peuvent souffrir d’isolement, de harcèlement, de dénigrement, d’humiliation, d’intimidation, de dévalorisation, de menaces, de violence physique et sexuelle, de chantage affectif ou d’injures.

L'alcool, la drogue et le stress peuvent favoriser l'expression de la violence, mais aucun de ces éléments ne peut la justifier. Il n'existe aucune substance ou situation stressante ayant le pouvoir de rendre quelqu'un violent contre sa volonté.

Attention aux stéréotypes !

Il est important de noter que, contrairement à ce que l’on peut penser, la violence entre partenaires se retrouve dans toutes les couches de la société, peu importe le milieu social dans lequel on vit.

Par ailleurs, tant les femmes que les hommes peuvent être touchés par ce type de violence, cependant, il est clairement établi que les femmes sont le plus souvent victimes de violences conjugales. Les enfants sont pour leur part fréquemment les victimes indirectes de la violence conjugale.

Le cycle de la violence

Les agressions commises dans un contexte conjugal s’inscrivent dans un cycle appelé «cycle de la violence conjugale». 

Ce cycle est utilisé par l’agresseur pour assurer et maintenir une domination sur sa victime. Dans une relation conjugale marquée par la violence, ce cycle se répète et s’accélère avec le temps.  

 

 Phase 1 : Le climat de tension  Phase 2 : La crise  Phase 3 : La justification  Phase 4 : La lune de miel
  • L’agresseur a des accès de colère, menace l’autre personne du regard, fait peser de lourds silences, est irritable, de mauvaise humeur, fait des gestes brusques, boude.
  • La victime se sent inquiète, marche sur des œufs, tente d’améliorer le climat, fait attention à ses propres gestes et paroles.
  • L’agresseur violente l’autre personne sur les plans verbal, psychologique, physique, sexuel ou économique.
  • La victime se sent humiliée, fâchée, triste, a le sentiment que la situation est injuste.
  • L’agresseur trouve des excuses pour justifier son comportement, rejette la faute sur l’autre, minimise les faits.
  • La victime tente de comprendre ses explications, l’aide à changer, doute de ses propres perceptions, se sent responsable de la situation, se met à la place de l’agresseur.
  • L’agresseur demande pardon, fait des promesses, veut oublier, est aux petits soins, veut se faire pardonner, parle de thérapie ou de suicide.
  • La victime lui donne une chance, lui apporte son aide, constate ses efforts, change ses propres habitudes.
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Qu’est-ce que la violence conjugale

La violence entre partenaires en Belgique en 2017

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La violence entre partenaires en Belgique en 2017

Réglementation

  • Depuis la loi du 24 novembre 1997, la violence au sein du couple est insérée dans le Code pénal belge.
  • Le fait que la violence soit commise à l'égard du partenaire est considéré comme une circonstance aggravante par le Code pénal. Le cas échéant, des peines plus lourdes s'appliquent. (article 410 du Code pénal)
  • Les articles sont neutres sur le plan du genre et ils s'appliquent également aux couples homosexuels.
  • En vertu de la loi, le Procureur du Roi dispose de compétences plus étendues dans les cas de violence conjugale. (article 46  du Code d'instruction criminelle)
  • Les professionnels qui sont tenus au secret professionnel ont le droit de le rompre à certaines conditions et de dénoncer des faits de violence conjugale (présumée). (article 458bis du Code pénal)
  • Le Procureur du Roi peut infliger une interdiction temporaire de résidence de maximum 10 jours (max. 3 mois après prolongation) à un individu qui représente une menace grave et immédiate pour la sécurité des personnes qui occupent la même résidence. (Loi du 15 mai 2012)
  • En 2016, la Belgique a adhéré à la Convention d’Istanbul (Convention du Conseil de l'Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l'égard des femmes et la violence domestique). Les engagements complémentaires que notre pays prend à cet égard ont été traduits dans le Plan d'action national 2015-2019.

Voyez également les circulaires COL3/2006 et COL 4/2006 concernant la violence intrafamiliale et la violence dans le couple et COL 18/2012  concernant l’interdiction temporaire de résidence.

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Réglementation

Les actions contre la violence entre partenaires

Niveau international 

  • Quinzaine du Ruban Blanc : la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes à travers le monde (25 novembre) est symbolisée par des rubans blancs distribués à cette occasion.

Niveau européen 

  • En 2014, le Secrétariat du EUCPN (Réseau européen de prévention de la criminalité) a mis en place une boîte à outils axée sur le thème de la violence domestique. Cette boîte à outils donne en premier lieu un aperçu des efforts qui ont été consentis à l'échelle européenne, nationale et locale sur le plan des mesures légales et politiques pour faire face à la violence intrafamiliale et offre un aperçu des bonnes pratiques locales dans les différents États membres de l'UE.

Boîte à outils EUCPN 4 – L'approche de la violence intrafamiliale en Europe : politique et bonnes pratiques

Niveau national

Initiatives de l’Institut pour l’Egalité des Femmes et des Hommes  :

  • Brochure ‘Violence. Comment s'en sortir ?’ : Cette brochure de l’Institut pour l'égalité des femmes et des hommes est d’abord destinée aux victimes de violence, mais aussi à tous ceux qui y sont confrontés directement ou indirectement. La brochure se veut un fil conducteur pour toutes les personnes concernées par la violence. Elle contient des définitions et un grand nombre de conseils pratiques susceptibles d’aider les victimes à faire face à la violence.
  • Dépliant  ‘Brisons le silence avant qu'il ne nous brise’ : L’Institut pour l'égalité des femmes et des hommes a également élaboré un dépliant  en  dix-sept  langues, distribué dans  les  endroits  susceptibles  d'être  fréquentés par des victimes de violence et plus particulièrement par les victimes allochtones. La mesure devrait permettre ainsi aux victimes d'être orientées vers des services pouvant leur fournir une écoute dans leur propre langue et leur transmettre aide et conseil. 

Communauté française  

  • Une campagne de lutte contre les violences entre partenaires (2013) : www.huitcouples.be  
  • Campagne de lutte contre la violence psychologique : www.fredetmarie.be  
  • le site de la campagne « le journal de Marie » : www.journaldemarie.be   
  • En 2014 : La valisette pédagogique, « Le même dilemme », a été élaborée pour aider les travailleurs sociaux à venir en aide aux enfants de plus de 10 ans, témoins de violence entre partenaires. Elle contient un clip musical qui aborde le thème délicat des violences conjugales vécues par des enfants, complété par des photos ainsi que des fiches pédagogiques. Cette valisette est disponible gratuitement dans tous les Centres locaux de promotion de la santé de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Communauté flamande 

  • En sécurité à la maison: Centre de justice familial et approche « en chaine » de la violence intrafamiliale  https://fjc-veiligthuis.be  en www.weliswaar.be/ketenaanpak
  • Flandre et Bruxelles «La carte sociale»: établissements de soins et prestataires de soins en Flandre et à Bruxelles. La carte sociale est l’instrument de référence spécifique pour les citoyens, les travailleurs sociaux et les autorités locales en Flandre et à Bruxelles  http://www.desocialekaart.be/
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Les actions contre la violence entre partenaires

Projets locaux

Update 02.10.2018

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Projets locaux