Qu'est-ce que c'est ?

La maltraitance des parents peut être définie comme des actes réguliers commis par des enfants ou des jeunes envers l’un des parents ou les deux parents ou beaux-parents, dans l’intention d’avoir recours à la violence physique, psychologique et financière, sans faire de victime. L’enfant est âgé de 12 à 24 ans, il dépend encore de ses parents et son désir est d’avoir un certain contrôle et pouvoir sur le parent.

Un élément important à cet égard est le caractère régulier des actes, qui reflète en effet un problème plus profond. Le jeune doit avoir l’intention de blesser ou de faire de la peine au parent. Il n’est pas question de maltraitance des parents si les faits sont commis de manière occasionnelle. Quand la violence a une issue fatale, il est question de parricide. En outre, les jeunes doivent encore dépendre de leurs parents. Les parents de 55 ans ou plus qui sont victimes de maltraitance relèvent de la catégorie ‘maltraitance de personnes âgées’. 

Souvent, les parents ont honte parce qu’ils pensent que le comportement de leur enfant est de leur faute. Aussi préfèrent-ils se taire en espérant que leur enfant arrêtera ou qu’il n’y aura pas d’escalade de la violence. Ce tabou et le fait que les parents veulent protéger leurs enfants et mentent donc sur la maltraitance, ajoutent à la difficulté de recueillir des données sur ce type de maltraitance.

La maltraitance des parents commence généralement par des formes de maltraitance psychologique et verbale. La maltraitance physique et financière peut ensuite également s’installer.

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Qu'est-ce que c'est ?

Formes

5 types de maltraitance des parents :

maltraitance

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Formes

Chiffres

Dans les statistiques policières de criminalité, l’on trouve des chiffres sur la maltraitance des parents, sous l’intitulé : ‘Coups et/ou blessures volontaires au sein de la famille contre les parents’. Les chiffres les plus récents portent sur le premier trimestre de 2018. Durant cette période, 945 faits accomplis ont été enregistrés, ainsi que 2 tentatives. Ci-dessous, un aperçu de l’évolution de ce type de violence repris dans les statistiques policières de criminalité au fil des années 2000-2018 :

maltraitance

La classification dans les statistiques policières de criminalité montre clairement qu’il s’agit uniquement de maltraitance physique des parents. Nous ne disposons pas de chiffres précis sur la maltraitance verbale, financière et psychologique envers les parents.  

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Chiffres

Quels sont les groupes à risques ?

Il ressort de l’enquête limitée sur la maltraitance des parents que ce type de violence peut se manifester dans toutes les classes de la société. C’est plus souvent la mère (ou la personne qui assure l’essentiel des soins de l’enfant) qui est victime de maltraitance. Tant les fils que les filles peuvent se montrer violents à l’égard de leurs parents. Néanmoins, les fils auront plus souvent recours aux agressions physiques que les filles.

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Quels sont les groupes à risques ?

Effets sur les parents

Les parents maltraités par leur enfant peuvent éprouver des séquelles physiques qui nécessitent des soins médicaux, comme des hématomes, fractures, cicatrices. 

Les conséquences psychologiques peuvent être : image de soi négative, dépression, sentiment de culpabilité et de honte, responsabilité, troubles du sommeil, impuissance, ...

Les conséquences sociales peuvent être : isolement social des parents par rapport au monde extérieur étant donné que le sujet reste tabou, crainte de poursuites, rupture de confiance dans le parent pouvant entraîner une rupture avec le partenaire ou la famille, ...

Conséquences financières : coûts d’hospitalisation et de soins, éventuelle perte d’emploi, ...

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Effets sur les parents

Aide

Il est particulièrement difficile de trouver une aide spécifique pour les cas de maltraitance de parents. Il existe des instances qui devraient pouvoir aider les parents, mais la plupart ne sont pas spécialisées dans ce domaine.

A la fois les parents et les jeunes devraient bénéficier d’un traitement. Les parents, parce qu’ils sont victimes de la situation et que la violence de leur enfant peut avoir certaines répercussions sur leur santé physique et mentale. Le jeune, en tant qu’auteur des faits, dans la mesure où il peut également éprouver des séquelles plus tard dans la vie. Etant donné que le problème est tabou, les sentiments de culpabilité et de honte du jeune ne peuvent pas facilement être abordés, ni - par conséquent - gérés. Il existe également un risque que le jeune se montre aussi violent dans ses autres relations.

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Aide

Politique - législation

La législation belge ne prévoit pas de réglementation spécifique sur la maltraitance des parents. La majeure partie des textes de loi portent sur l’enfant à proprement parler et la loi est dès lors plus favorable à l’enfant qu’au parent. Le seul article clair du Code pénal qui renvoie à la maltraitance des parents porte sur la maltraitance physique à l’égard des parents. L’art. 410 du Code pénal parle d’homicide volontaire non qualifié de meurtre et de lésions corporelles volontaires, avec des circonstances aggravantes si le coupable a commis le crime ou le délit envers ses père et mère ou ses autres ascendants.

“ Dans les cas mentionnés aux articles 398 à 405, si le coupable a commis le crime ou le délit envers ses père et mère ou autres ascendants [en ligne directe ou collatérale jusqu’au quatrième degré], le minimum de la peine portée par ces articles sera doublé s’il s’agit d’un emprisonnement, et augmenté de deux ans s’il s’agit de la réclusion.   Il en sera également de même si le coupable a commis le crime ou le délit envers son époux ou la personne avec laquelle il cohabite ou a cohabité et entretient ou a entretenu une relation affective et sexuelle durable.” (Article de loi)

L’art. 395 du Code pénal renvoie également à la violence infligée aux parents, mais il énonce que: “Est qualifié de parricide et sera puni (de la réclusion à perpétuité) le meurtre des père, mère ou autres ascendants”. Cela va déjà plus loin que la maltraitance des parents.

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Politique - législation

Bonnes pratiques

Plus d’informations sur le sujet

  • Boek: Baert, K. (2016). Mijn kind mishandelt mij. Antwerpen-Apeldoorn: Garant Uitgevers nv. Il s’agit d’un livre intéressant pour les conseillers en prévention désireux d’en savoir plus sur le sujet. L’on y trouve à la fois des définitions, les différents types de prévalence, des déclarations, les conséquences pour les parents, ...
  • En 2014, l’Institut TNO et Movisie des Pays-Bas ont publié une étude sur la maltraitance des parents. Dans cette étude, les chercheurs ont pu établir qu’en 2012-2013, 9500 signalements ont eu lieu au total et que, dans 60% des cas, la maltraitance durait déjà depuis plus d’un an. Vous trouverez ici de plus amples informations au sujet de cette étude.
  • Ouvrage : Etude de Ingrid Ponjaert-Kristoffersen (1999). Mishandeling door kinderen: de doos van Pandora?

Sources

http://www.vzwzijn.be/wat-is-geweld/themas/oudermishandeling

https://www.kennisplein.be/Pages/Oudermishandeling.aspx

http://www.stat.policefederale.be/assets/pdf/crimestat/nationaal/rapport_2018_trim2_nat_belgique_fr.pdf

http://envisioncounsellingcentre.com/innerpage/resources/parent-abuse/

https://www.pac-uk.org/our-services/cpv/

https://journals.sagepub.com/doi/pdf/10.1177/0192513X03261330

http://www.violenceenverslesparents.be/info.html

https://www.letemps.ch/societe/enfants-terrorisent-leurs-parents

https://www.cairn.info/revue-dialogue-2003-2-page-59.htm

https://www.moviera.nl/ik-zoek-hulp-advies-en-opvang/ik-zoek-hulp-advies-en-opvangwat-is-er-aan-de-hand/mishandeling-van-ouders-door-kinderen/

https://wehavekids.com/family-relationships/The-Silent-Suffering-of-Parent-Abuse-When-Children-Abuse-Parents

Ponjaert-Kristoffersen, I. (1999). Mishandeling door kinderen: de doos van Pandora?. Leuven: acco 

Sauthier, G, D. (2018). La violence des enfants envers leurs parents. Analyse juridique de droit. Zurich: Schultess

 

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Bonnes pratiques