BOUNCE: des outils face au radicalisme

Liège - Depuis lundi jusqu’à ce mercredi, onze travailleurs de terrain issus des services prévention et de proximité de la Ville de Liège mais aussi d’associations partenaires, qu’il s’agisse du secteur social, éducatif ou interculturel, étaient rassemblés au salon des Lumières de la Cité Miroir pour une formation innovante. En contact pour la plupart avec des jeunes de quartier ou même des primo-arrivants, tous ont appris à utiliser des outils psychosociaux permettant de renforcer la résilience ou résistance morale des jeunes face au radicalisme.

Tout comme dix autres villes européennes, la Ville de Liège a en effet été sélectionnée comme ville pilote pour accueillir cette formation dénommée “Bounce”. Développé et financé par la Commission européenne, et coordonnée par la Direction sécurité et prévention du SPF Intérieur, ce projet européen a pour objectif de mettre à la disposition des acteurs locaux des outils de prévention des jeunes face au radicalisme. “Ce projet ne répond pas directement aux derniers événements mais émane d’une étude scientifique commencée en 2013 qui a mis en exergue les besoins de prévention auprès des jeunes” , explique Amaury Marion, gestionnaire du projet Bounce pour le SPF Intérieur, qui insiste sur la dimension positive de cette formation. “On veut prévenir le radicalisme à un stade où il n’est pas encore présent” .

De cette étude scientifique, “trois outils ont été créés” , mêlant tant exercices pratiques que théorie. C’est à ceux-ci qu’ont été formés les éducateurs de terrain. Le premier, “Bounce-young”, est l’outil destiné aux jeunes, subdivisé en dix sessions de deux heures. “Ce sont des séances psycho-physiques qui vont permettre aux éducateurs de renforcer la résilience des jeunes, les rendre moins perméables aux influences radicales” , précise-t-il. Via des exercices pratiques, “on va apprendre par exemple au jeune à reconnaître ses talents, ses forces ou celles des autres, travailler sur son esprit critique, la respiration, la concentration, la posture…” Le deuxième, “Bounce-along”, est l’outil de conscientisation destiné aux adultes faisant partie de l’environnement social des jeunes, qu’ils soient parents, enseignants ou éducateurs. “Ce sont les conseils, les pratiques qu’ils peuvent utiliser pour accompagner les jeunes” . Enfin, le troisième, le Bounce-up (train-the-trainer), est “l’outil spécifiquement dirigé pour les formateurs qui leur apprend à utiliser les deux premiers outils”.

Delphine Salou, animatrice sportive auprès de jeunes à Droixhe, fait partie des onze participants qui ont suivi cette formation. “Pour nous c’est innovant, témoigne-t-elle. Quand un jeune ne va pas bien, c’est un terrain facile pour les manipulateurs. On a maintenant de nouveaux outils pour donner confiance au jeune et lui faire prendre conscience du potentiel, des ressources qu’il a en lui pour s’en sortir. On ne va bien sûr pas leur parler de radicalisme. Je vais essayer d’appliquer certains exercices que j’ai appris sur les groupes que j’ai quotidiennement”.

En mars 2018, une conférence de l’Union européenne réunira l’ensemble des participants européens de façon à permettre les échanges et mettre en commun les résultats.

Source : La Libre Belgique - 02/06/2017
Auteur : Aude Quinet