La parole aux braqueurs

Et si l’on laissait s’exprimer les braqueurs? Cette idée est à la base d’une étude de la vUB qui a donné la parole à 30 auteurs de braquages. La principale conclusion est que les éléments les plus dissuasifs sont la maigreur du butin et la présence d’agents de sécurité.

30 braqueurs, un an, 143 pages. Voilà comment on peut résumer en chiffres l’étude ‘attaques à main armée contre des entrepreneurs indépen- dants’. Cette étude réalisée par des chercheurs de la Vub avait été commandée par la ministre de l’intérieur, Joëlle milquet, qui a fait de la lutte contre ces braquages une de ses priorités.

Il y a eu au total 30 entretiens approfondis. des témoignages de braqueurs condamnés et récidi- vistes qui ont parlé librement de leurs attaques à main armée dans des boulangeries, pharmacies, stations-service et magasins de nuit. ils ont expli- qué leur motivation, le butin et leur rapport aux victimes. Joëlle milquet veut tirer les enseignements de cette étude pour intensifier la prévention des braquages à main armée chez les indépendants.

Gagner de l’argent

tous les braqueurs n’ont pas la même motivation. ils évoquent souvent une jeunesse difficile et une scolarité chaotique. ils sont généralement convain- cus de n’avoir aucune perspective d’avenir positive. beaucoup d’entre eux ont des difficultés à trouver un emploi. Ferdi, auteur de plusieurs braquages à main armée dans des supermarchés de proximité, explique sa vision des choses: «tu essaies de trou- ver du travail, mais cela ne réussit pas toujours. Je ne sais pas ce qui ne tourne pas rond ni pourquoi c’est si difficile. alors, tu fais ce que tu sais le mieux faire.» Les braqueurs commettent leurs attaques parce qu’ils ont besoin d’argent, cela n’étonnera personne. «Tu as besoin d’argent pour survivre et avec un braquage, c’est vite gagné. En général, le butin est tout juste suffisant», explique Felix qui prenait pour cible des magasins de proximité.

Forte diminution

Ce qui est frappant, c’est que les mesures préventives comme des caméras, des coffres-forts de dépôt et des systèmes d’alarme n’ont pas toujours un effet dissuasif suffisant. Des mesures de prévention poussée peuvent même conduire à plus de violence lors des attaques. L’étude montre quelles actions font réfléchir à deux fois les braqueurs armés. Selon leurs propres dires, la maigreur du butin et la présence d’agents de sécurité ont un effet dissuasif.

Les trois meilleures mesures de prévention

Que pouvez-vous faire pour lutter contre les braquages dans votre ville ou commune?

  1. L’argent étant le principal mobile, vos indépendants doivent essayer de limiter le butin physique, par exemple en encouragement les paiements électroniques.
  2. Tout ce qui entrave l’accès à l’argent a également un effet dissuasif. Un transport de fonds et une caisse bien fermée sont donc largement à conseiller.
  3. Les braqueurs ayant tendance à éviter une confrontation directe, la présence d’un agent de sécurité peut faire toute la différence. Joëlle Milquet projette d’ailleurs d’autoriser les agents de sécurité à protéger les gérants sur la voie publique.

Données

Langue dans laquelle la recherche est publiée
  • En
membres de l'équipe de recherche
  • PASHLEY Veerle
  • ENHUS ELISABETH
Organismes de recherche concernés
  • Vrije Universiteit Brussel
Principal (s)
  • SPF Intérieur
Thèmes :
  • Gardiennage
  • Caméras de surveillance
  • Gardiennage privé
  • Société de gardiennage
  • Indépendants
  • Attaque