Anthony

Chaque jour, les gardiens de la paix œuvrent sur le terrain pour assurer votre sécurité. Vous les trouverez sur la voie publique, reconnaissables à leur uniforme violet. Pendant la crise du coronavirus, ils ont eux aussi redoublé d'efforts pour aider et soutenir la population en ces temps particulièrement difficiles.

A l'instar des autres professions en première ligne dans la lutte contre le Covid-19, les gardiens de la paix ont été mobilisés au quotidien. C'est pourquoi ils ont également été mis à l'honneur lors de la Fête nationale. Anthony, gardien de la paix à Anvers, a été invité à Bruxelles pour représenter l'ensemble de ses collègues. Il a été félicité par le Roi et remercié pour ses services.

A cette occasion, nous lui avons posé quelques questions sur son travail quotidien.

Depuis quand êtes-vous gardien de la paix ? Qu'est-ce qui vous a plu dans cette profession ?

« Je travaille comme gardien de la paix depuis 7 ans, et depuis environ 6 ans, je suis gardien de la paix‑constatateur, ce qui signifie que je suis habilité à verbaliser.

C'est surtout la diversité des tâches à accomplir qui m'a attiré dans cette profession. Chaque jour est différent, on ne sait jamais ce qui nous attend. »

Parlez-nous des tâches quotidiennes d'un gardien de la paix.

« Les gardiens de la paix contribuent à l'amélioration de la qualité de vie, ils veillent à la sécurité et à la propreté des espaces publics.

Notre objectif est de permettre aux citoyens de disposer d'un point de contact facilement accessible dans l'espace public. Nous sommes en quelque sorte un lien entre le citoyen, les services municipaux et la police / les services de secours.

Nos tâches sont très diverses et peuvent être classées en quatre catégories : signaler, fournir des services, sensibiliser et, dans certains cas, verbaliser.

Dans la pratique, cela consiste, par exemple, à signaler des décharges illégales, à aider les personnes handicapées dans les transports publics, à dispenser les premiers secours, si nécessaire, à calmer les esprits en cas de trouble de l'ordre public, à contacter la police et les services de secours, etc.

Les gardiens de la paix-constatateurs peuvent également constater des infractions. Ils peuvent demander aux citoyens de présenter leur carte d'identité et ils peuvent établir un rapport administratif, ce qui peut entraîner des « SAC » (sanctions administratives communales) en cas d'infraction à la loi. Cela nécessite bien entendu un peu de travail administratif et de bonnes compétences rédactionnelles.

Comme je l'ai dit, chaque jour est différent. Vous devez donc vous adapter aux situations qui se présentent et vous avez un certain rôle à tenir puisque vous êtes en uniforme. C'est ce qui rend ce travail si intéressant. »

Avez-vous dû suivre une certaine formation et/ou passer un examen ?

« Pour devenir gardien de la paix, il faut remplir plusieurs conditions. Vous devez être titulaire d'un diplôme de l'enseignement secondaire si vous voulez devenir gardien de la paix-constateur et vous soumettre à une enquête de moralité. Vous devez également suivre une formation de plus de 100 heures et réussir l'examen final.

Mais ça ne s'arrête pas là ! Une fois que vous êtes gardien de la paix, vous devez poursuivre votre formation. Si vous voulez devenir gardien de la paix-constatateur, il faut suivre une formation spécifique d'environ 40 heures. »

Qu'est-ce qui vous plaît dans votre métier ? Qu'est-ce qui vous procure le plus de satisfaction ?

« Mon boulot est très varié, mais parfois aussi prévisible. Ca me plaît. La dimension humaine de la profession me séduit aussi énormément. Chaque jour, j'entre en contact avec des citoyens et je cherche des solutions à leurs problèmes.

En tant que gardien de la paix, je m’efforce de lutter contre certaines nuisances comme les « urinoirs sauvages », les déversements clandestins et la déjection canine. Je contribue ainsi au développement d'une société viable et plus sûre. »

Est-ce parfois aussi un travail ingrat ? Votre profession ne devrait-elle pas être valorisée davantage ?

« Ces dernières années, nous avons malheureusement constaté une augmentation des cas d'agression.

Il n'est pas rare que nous soyons insultés ou menacés. Parfois, nous sommes même victimes de violence physique, notamment lorsqu'on interpelle quelqu'un sur son comportement ou qu'on lui demande sa carte d'identité. Parfois, il s'agit simplement d'agression 'instrumentale', dirigée contre notre profession.

Nous suivons des formations pour apprendre à gérer de telles situations, mais entre la théorie et la pratique, il y a toujours une différence, évidemment. Bien souvent, on doit se fier à notre connaissance de l'être humain et faire preuve de patience. Lorsque la situation dégénère ou devient dangereuse, nous faisons appel à la police pour soutien. »

Comment avez-vous vécu le confinement ? Qu'est-ce qui a changé dans votre travail quotidien ?

« En tant que gardien de la paix, il est naturellement impossible de faire du télétravail. Lorsque les mesures de confinement sont entrées en vigueur, nous sommes donc restés présents sur le terrain.

Durant cette période, notre mission consistait principalement à faire respecter les mesures sanitaires et à sensibiliser et interpeller les citoyens. Nous avons donc notamment veillé à ce que les règles de distanciation sociale et l'interdiction de rassemblement soient respectées et à ce que les commerces censés être fermés ne soient pas ouverts.

En tant que constatateurs, nous n'avons pas vraiment été amenés à procéder à des verbalisations. Nous avons surtout fait appel à la police pour constater les infractions et nous avons ainsi pu établir une bonne coopération entre nos services. Le respect mutuel est d'ailleurs plus grand que jamais depuis le confinement. »

Pensez-vous que la crise du coronavirus aura un impact à long terme sur les tâches confiées aux gardiens de la paix ?

« Pendant cette crise, nous avons multiplié nos efforts pour garantir la sécurité de chacun.

Dans des situations d'urgence, comme celle que nous connaissons actuellement, les gardiens de la paix peuvent apporter une contribution importante. Cette profession a de nombreuses facettes et elle peut apporter beaucoup.

J'ose espérer que la crise du coronavirus l'a clairement démontré et que les efforts consentis pendant cette période déboucheront sur une plus grande reconnaissance de notre profession. Le grand public ignore encore trop souvent qui nous sommes et ce que nous faisons. »

Comment avez-vous réagi lorsqu'on vous a annoncé que vous alliez représenter les gardiens de la paix auprès du Roi ?
 

« Pour être honnête, cela m'a plutôt surpris, mais pour la profession de gardien de la paix, c'est un grand pas vers plus de reconnaissance. C'est un honneur pour moi de représenter la fonction.

Je voudrais d'ailleurs profiter de l'occasion qui m’est offerte pour saluer l'ensemble des gardiens de la paix pour le travail remarquable qu'ils ont réalisé pendant le confinement. »

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